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On a découvert sur le territoire d'Amay des traces remontant au Néolithique. Des vestiges d'habitat celte et une villa romaine ont été mis à jour sur le site de la collégiale. Près de la Meuse, en face d’Ombret, un ancien vicus se développa du Ier au IVe siècle sur les deux rives du fleuve. La chaussée romaine Tongres-Arlon y traversait d'ailleurs le fleuve d'abord grâce à un gué, puis à un pont.

La découverte du sarcophage de sainte Chrodoara mis en relation avec un testament du VIIe siècle nous éclaire sur l'origine du bourg. Une légende attribue d'ailleurs la fondation de la collégiale à sainte Ode qui serait la même personne que Chrodoara, aristocrate franque. 

La paroisse d'Amay remonte au moins au VIIe siècle. Elle comprenait aussi Ampsin, Fize, Jehay, Rogerée, Ombret et Rausa. Son centre était d'ailleurs la collégiale Sainte-Ode auquel fut attaché un chapitre de chanoines séculiers qui habitèrent la ville jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'église fut reconstruite en 1089 et conserve encore des parties romanes malgré les profonds remaniements opérés au cours des siècles.

La seigneurie ecclésiastique d'Amay appartint d'abord à l'évêque de Liège avant un échange contre le domaine de Jupille avec le chapitre de la cathédrale Saint-Lambert. L'avouerie du village appartint à différentes familles nobles de la région qui occupèrent la tour médiévale qu'on appelle communément « tour romane ».

Comme beaucoup de villages, Amay souffrit des guerres et des réquisitions pendant tout l'Ancien Régime.

Amay était un bourg mi-rural, mi-industriel. Les alunières occupèrent jusqu'au régime hollandais 140 à 160 ouvriers. Les bois d'Amay donnèrent aussi lieu à la fabrication de charbon de bois avant qu'on exploite la houille au XIXe siècle. Les carrières étaient aussi exploitées de manière intense. Mais c'est surtout sur la briqueterie que repose la réputation des ouvriers amaytois. Ces derniers ont parcouru les chantiers d'Europe jusqu'en Russie.

La vigne tint également une place importante à côté des céréales dans l'agriculture de la bourgade.

La commune connut une importante augmentation de sa population au cours du XIXe siècle. La proximité des habitations et l'entassement des familles posa d'ailleurs des problèmes d'hygiène aux édiles de la communauté. 

Jusqu'au début de la seconde moitié du XXe siècle, l'industrie occupa encore une bonne partie de la population. En 1970, on compte encore des ateliers de construction mécanique et un zoning industriel a été créé. Mais essentiellement, Amay, devient une cité dortoir pour une population travaillant de plus en plus à l'extérieur. Les infrastructures de communication (autoroutes, chemin de fer) relient d'ailleurs la localité aux grandes villes wallonnes et à Bruxelles.