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Eglise de Viemme (Faimes)L'architecture religieuse des époques romanes et gothiques est souvent mal représentée. La Hesbaye fut souvent victime de sa richesse et au XIXe siècle beaucoup d’édifices furent remplacés par des constructions néogothiques comme à Vieux-Waleffe, Vaux-Borset, Fize, Chapon-Seraing, Bodegnée, Borlez ou Viemme. Dans d'autres lieux, l'édifice a été tellement remanié que seule sa silhouette, la grosse tour accolée à la nef ou l'intégration à un site, trahissent son origine médiévale (Warnant, Verlaine ou Haneffe). Certains bâtiments ont tout bonnement été modifiés pendant l'Ancien Régime et sont donc le résultat de plusieurs campagnes de construction, envisagées sans doute au gré de l'évolution de la population des paroissiens. Parfois l'histoire d’une communauté se lit dans les murs de son église. Le bâtiment et son cimetière ne servaient pas uniquement au culte, et souvent, des tours ou des murailles (Dreye, Limont, Haneffe, Verlaine) étaient utilisées comme refuge ou comme lieux où la communauté pouvait s'entretenir des restaurations de l’église mais aussi de l'organisation des travaux des champs.

Il n'existe pas d'édifices romans conservés dans leur intégralité. Seules, la chapelle Saint-Sulpice à Aineffe, avec sa tour et son chœur ainsi que certaines parties de la collégiale d'Amay (avant corps ottonien et nef de style roman) se rattachent avec certitude à un style qui fut sans doute largement employé dans nos campagnes vers 1100. Beaucoup de tours au caractère défensif comme celle de Donceel ou de Celles sont aussi difficiles à dater avec précision. Quant au style gothique, il s'est développé du XIIIe au XVIe siècle mais a laissé seulement quelques vestiges dans des constructions plusieurs fois remaniées (Limont, Villers, chapelle des templiers à Haneffe…).
 
Les XVIe et XVIIe siècles sont peu propices aux nouvelles églises à l'exception de certaines parties de la collégiale d'Amay et de l'abbatiale de Flône. Dans les villages certaines tours sont reconstruites ou rehaussées (Limont, Villers-le-Bouillet) car on est dans des périodes troublées. Au XVIIIe siècle, par contre, on rencontre d'intéressantes constructions. On épinglera la magnifique chapelle de Saives et l’abbatiale de la Paix-Dieu. Certaines ont une décoration intérieure particulièrement soignée (Saives, Les Waleffes).

A côté des églises ou des collégiales et de leurs maisons canoniales, existaient des ensembles architecturaux ou une communauté s'adonnait à la vie religieuse mais aussi à des travaux lui permettant sa subsistance : les abbayes. Toute la vie des moines ou des moniales se déroulait à l'intérieur de leur monastère.

Le mouvement monastique, né au Moyen Âge, a donné naissance à une abbaye de chanoines réguliers à Flône et à une communauté de moniales cisterciennes à Jehay, à la Paix-Dieu. Les bâtiments médiévaux de ces communautés n'existent plus. Ils ont été remplacés aux XVIIe et XVIIIe siècles par des bâtiments qui sont assez conformes à l’évolution à cette époque des ordres monastiques vers une accumulation de richesses. Les bâtiments des deux abbayes sont bien visibles sur les gravures de Remacle Leloup qui illustrent les "Délices du Pays de Liège" de De Saumery. La plupart des bâtiments ont pu être conservés même s'ils ont parfois été modifiés. A la Paix-Dieu, le cloître a disparu après le Révolution française. Mais, après avoir connu un long abandon, l'abbaye renaît depuis qu'elle est devenue le siège de l’Institut du Patrimoine wallon.

Chapelle Sainte Agrapha à BorlezAu Moyen Âge, des ordres militaires ont également contribué à l'élan religieux. Le principal fut celui des templiers qui implanta deux commanderies dans notre région, à Haneffe et à Warnant. A Warnant, sur le site défensif des Burettes, l'ancienne commanderie, fit place à une ferme moderne au début du XXe siècle. A Haneffe, il reste une chapelle qui sera bientôt l'objet d'une restauration et la ferme jadis attenante à la commanderie aujourd’hui disparue.

Expression de la piété populaire, des potales ou de petites chapelles parsèment les villages et leur terroir. Certaines sont érigées en pleine campagne, à la croisée des chemins. Elles finissent par délimiter à certains endroits un espace sacré dont on faisait le tour lors des processions paroissiales. On en retrouve de toutes les époques et dans des styles très différents, des petits édifices monolithiques du XVIIe siècle aux grottes consacrées à Notre Dame de Lourdes qu’on observe souvent dans le jardin des presbytères. Parfois il s'agit d’une simple pierre où est sculptée une représentation sobre de la sainte Vierge, d'autres fois, un petit édifice abrite un hôtel et des statues. Les croix d'occis rappellent aussi les accidents dramatiques survenus dans nos villages et sont autant de témoignages de la tradition religieuse des campagnes.