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Description

La première canalisation de la Meuse fut commencée en 1853 et terminée en 1897 par le remplacement des 3 premiers barrages de la haute Meuse par des barrages mixtes. Sur la Meuse liégeoise, on a employé uniquement les barrages à aiguilles. Avant le XIXe siècle, le système des aiguilles avait déjà été utilisé dans les portes marinières de certains pertuis de la Seine et de l'Yonne. A cette époque, la porte pouvait s'étendre d'une berge à l'autre du fleuve. Il n'y avait pas d'écluse à sas. Les aiguilles étaient libérées pour laisser le passage aux bateaux et étaient récupérées par une corde de retenue.

Barrage d'Ampsin

C'est en connaissant ces techniques utilisées dans sa circonscription que Poirée innova en inventant des fermettes métalliques articulées dans des crapaudines scellées dans un radier construit au fond de la rivière. Ces fermettes étaient de simples cadres en fer de quelques centimètres d’épaisseur. Elles étaient établies à peu de distance les unes des autres. Elles recevaient sur leur face amont des poutrelles horizontales sur lesquelles s'appuyaient des aiguilles. Elles supportaient aussi la passerelle rendue nécessaire pour la manœuvre de ces aiguilles.

Lors des basses eaux, le barrage était fermé tandis que, dès que les eaux montaient, on enlevait progressivement les aiguilles. On abattait ensuite les fermettes en les couchant sur le radier. Le barrage disparaissait donc ainsi totalement, laissant à la rivière la possibilité de s'écouler sur toute sa section. C'est ce système « Poirée » qui fut utilisé sur la Meuse liégeoise.

Les premières écluses accolées aux barrages à aiguilles avaient été prévues aux dimensions de 56,7 m x 9 m. Il fut décidé de continuer la canalisation de la haute Meuse avec des dimensions de 100 m x 12 m afin de permettre le passage de trains de quatre bateaux. Sur la Meuse liégeoise on accola une écluse de 136 m x 16 m aux barrages existants jusque Ben-Ahin.

Vers 1922, une étude sur une possibilité d'une deuxième canalisation fut entamée et accélérée après la crue calamiteuse de 1926. Les objectifs étaient de permettre aux bateaux de 2000 tonnes de naviguer sur cette partie de la Meuse, d'abaisser le niveau des crues et de remplacer les barrages anciens. Dès 1928, on entama la construction de nouveaux barrages à Ben-Ahin, Monsin, Ivoz Ramet pour terminer par celui d'Ampsin-La Neuville en 1860. Trois anciens barrages à aiguilles subsistèrent avec des écluses de 57 m x 9 m, à Huy, Ampsin et Flône, avant la construction du barrage moderne d'Ampsin-La Neuville. Ceux-ci ne permettaient qu'aux unités de 600 tonnes et freinaient la navigation.

Pour remédier à cette situation, le nouveau barrage éclusé d’Ampsin-la Neuville fut décidé en 1955. On détruisit les anciens ouvrages et on fit des travaux complémentaires : creusement d'une passe navigable, endiguement de la Meuse à Ampsin afin de protéger les riverains des inondations.

Le barrage d'Ampsin-La NeuvilleLe barrage d'Ampsin-La Neuville comprend cinq pertuis de 24 m d'ouverture séparés par des piles de 3 m de largeur. Chaque pertuis est fermé par une bouchure principale constituée par une vanne wagon, en charpente soudée. Les treuils de commande des vannes sont placés dans les cabines situées de part et d'autre du pertuis.

Le bordage de l'amont du barrage est de forme circulaire. Les piles en béton armé, on une configuration hydrodynamique aux extrémités d'amont, leur avant bec étant profilé en éperon pour briser les glaces en cas de débâcle. Elles servent d'appui à deux passerelles, l'une à l'usage du personnel et l'autre à usage du public.

Les maîtresses poutres des passerelles ainsi que celles qui soutiennent les galeries entre les cabines sont en béton précontraint

L'entreprise comporta la construction de 4320 murs et 1323 mètres de môles en béton. Le chenal amont est long de 700 m et celui d'aval de 450 m. Ces chenaux servent aussi de bassin de refuge en cas de débâcle des glaces.

Pour le fonctionnement, tout est commandé par un seul agent placé dans une cabine construite au-dessus de la culée en rive droite. Une petite centrale hydroélectrique a été accolée au barrage et produit quelques mégawatts. Le barrage est également muni de deux échelles à poisson le long des berges.

Le programme imposait la construction de deux écluses voisines : une grande 136 m x 16 m et une petite de 55 m x 7,50 m, permettant simultanément l'accès aux bateaux de 2000 et 600 tonnes. On adopta des portes à déplacement latéral et des vannes-papillons placées dans un puits étanche. Les portes sont suspendues à un chariot circulant sur un portique. La manœuvre se fait par un treuil. Le remplissage de la grande écluse prend cinq minutes, celle de la petite trois minutes environ.

Emplacement

Adresse:

Ampsin