Menu
0
   

Description

Il est mentionné pour la première fois en 1260. Alors que la majorité des terres du village appartenaient à l'abbaye de Saint-Trond, une petite seigneurie laïque s'est fixée assez tôt en cet endroit, un peu en dehors du village. La première famille à être connue par les textes est celle des « de Jeneffe ». Cette famille était surtout connue comme celle qui détenait la charge héréditaire de châtelain de Waremme. Elle était proche de l'évêque de Liège, mais à Oreye, elle détenait sa dignité et son domaine en fief du comte de Looz. Cette famille s'était d'ailleurs peut être implantée dans le village en assumant la charge de sous-avoués, créées par les comtes de Looz qui étaient eux-mêmes à l'origine protecteurs des biens de l'abbaye de Saint-Trond.
Arnould d'Oreye, qui prit le nom du village était le troisième fils de Libert de Jeneffe. On lui attribue la construction d’un donjon au XIIIe siècle. Ce petit ensemble castral aurait été jadis entouré de douves et flanqué de deux tours circulaires. L'ensemble de la haute cour aurait également été protégé par des remparts. Comme tout château qui se respecte, l'ensemble défensif et résidentiel était également équipé d'une basse-cour.

Lorsque le château médiéval fut détruit le 26 juin 1633 par des liégeois, partisans des Grignoux, c'est uniquement la ferme qui fit l'objet d'une reconstruction totale. L'ensemble garda cependant son caractère seigneurial et défensif avec notamment un fossé, reste des anciennes douves, un pont pavé héritier d'un ancien pont-levis et une tour-porche-résidence qui n'est pas sans rappeler le donjon médiéval. Cette ancienne ferme seigneuriale a été rebâtie durant la première moitié du XVIIe siècle par le seigneur de l'époque, Godefroid seigneur de Bocholt. Deux pierres, dont une des deux surmontent le porche l'attestent. A l'époque de cette construction, le château-ferme est toujours entouré de fossés qui servaient aussi de viviers et le pont-levis assurait l'accès vers l'extérieur.

Au XVIIIe siècle, la ferme fait partie du patrimoine des Renesse, puis au XIXe siècle, elle passe par héritage aux de Hamal, aux Disendorn puis aux Naveau. Elle est aujourd'hui exploitée par les Gerbehaye qui y sont fermiers déjà depuis plusieurs générations.
Les bâtiments actuels se regroupent autour d'une cour carrée et n'ont subi que quelques modifications en surface et des remaniements aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Le porche garde la trace de meurtrières et est limité par un chaînage d'angle, mais l'ensemble est également résidentiel et est éclairé par trois larges baies du XVIIIe siècle. Deux petits jours rectangulaires, plus anciens, ont été obturés.
En franchissant le porche par le passage charretier, on observe deux portes dont un des linteaux à été remplacé par la copie d'une pierre originale aux armes des « de Bocholt » et est aujourd'hui encore visible sur l'hôtel du même nom à Liège. Côté cour, la façade est éclairée par cinq baies identiques à celles du côté extérieur. De ce côté, Le porche est muni d'un arc en anse de panier.
Le logis est en prolongement du portail. A gauche, une grange monumentale en double large permettait d'entreposer les récoltes. Quant aux étables sous fenil, elles ont gardé leurs volumes d'origine mais des percements ont été aménagés aux XIXe et XXe siècles.
Cet ensemble architectural est construit principalement en briques, tuffeau et calcaire, matériaux par excellence de la région. C'est ce précieux alliage qui donne toute sa valeur au patrimoine mosan de cette époque.

La ferme de Gerbehaye, comme on l'appelle maintenant dans le village, est bien représentative de l'architecture rurale de la région mais elle garde aussi bien en mémoire ses origines seigneuriales. Témoin, cette belle cheminée datée du XVIIe siècle conservée dans le logis qui montre bien l'art de vivre de ses occupants, seigneurs d'un gros village de Hesbaye et qui lors de la construction de cet ensemble possédaient aussi un hôtel en ville.

Emplacement

Adresse:
Rue des Combattants
4360 Oreye