Menu
0
  • FR
  • NL
  • EN
  • DE
   
La christianisation vue à travers l'exemple de sainte Chrodoara
Sarcophage de sainte Chrodoara

La civilisation franque est étudiée à partir de quelques vestiges. Le sarcophage de sainte Chrodoara découvert dans le sous-sol de la collégiale en 1977 est à ce titre exemplaire. Il est le seul témoin archéologique de sculpture funéraire franque à montrer de façon aussi précise une représentation humaine. L'inscription Chrodoara apparaît en faible relief au-dessus d’un personnage féminin vêtu d'une longue robe et tenant une crosse. Cette découverte fut mise en relation avec une source écrite fort ancienne, le testament de 634 d'un clerc de Verdun, Adalgisel-Grimo. Dans un passage du texte, l'aristocrate franc fait allusion à sa tante enterrée dans la basilique Saint-Georges à Amay. De plus, Adalgisel-Grimo fait partie de la même famille que Chrodoara.

Une légende recoupe ces sources historiques et raconte aussi qu'une certaine Ode, épouse du duc d'Aquitaine, aurait jeté son bâton au-delà de la Meuse, promettant qu’elle construirait un sanctuaire à l'endroit où il retomberait. C'est ainsi qu’aurait été choisi l'emplacement de la collégiale. Beaucoup d'historiens pensent que cette sainte Ode et Chrodoara ne font qu'une seule et même personne.

On sait aussi que la plupart des anciennes paroisses remontent à l'époque carolingienne. Des propriétaires terriens attirèrent la population en faisant bâtir une chapelle dans leur domaine. Plusieurs églises de Hesbaye furent des paroisses primitives. Les noms de patrons d'église, saint Rémi, saint Martin, saint Pierre où saint Lambert attestent de l'ancienneté de ces paroisses et de l'évangélisation précoce de la contrée. Le domaine de sainte Ode qui avait pour centre la collégiale correspondait à la paroisse primitive d'Amay et s'étendait sur plusieurs villages.