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Description

Edifice construit entre le XIe siècle et le XVIIIe siècle. Sanctuaire depuis 634 devient collégiale avec un chapitre de chanoine vers 1091. Ancienne collégiale devenue église paroissiale.

Le site

Campée au centre d'Amay, la Collégiale a fière allure et profile sur le ciel sa silhouette caractéristique : un long vaisseau prolongé par la masse imposante de l'avant-corps, trois tours majestueuses surmontées de clochers aigus.

Edifice de l'époque ottonienne, l'église a été bâtie vers 1089 ; elle a toutefois subi au cours des siècles de nombreuses transformations.

En fait, que subsiste-t-il des bâtiments primitifs ? Peu de chose en vérité : la haute nef, percée sur chaque face de cinq fenêtres en plein cintre, et les deux tours latérales dans leur plus grande partie. La tour médiale ne s'est élevée qu'à partir de 1525. Remaniée profondément au XVIIIe siècle (sous l'abbatiat de Lambert-Walthère van den Steen), la Collégiale a perdu le caractère rigide et sévère de ses origines; ses tours autrefois dépourvues d'ouvertures, sauf des meurtrières et des fenêtres aux étages, se sont ouvertes vers l'extérieur par deux portails monumentaux, son transept s'est enjolivé et affiné, ses toitures se sont surélevées et leur profil s'est adouci: elle s'est mise, à partir de 1765, "au goût du jour".

Elle avait remplacé une église précédente du Haut Moyen Age, elle-même superposée à un lieu d'occupation romaine: ainsi, les découvertes du Cercle Archéologique Hesbaye-Condroz permettent de conclure que le site de l'actuelle Collégiale a été affecté, durant dix-huit siècle au moins, au culte païen d'abord, chrétien ensuite.

Pénétrons à l'intérieur...

Si le caractère roman primitif a disparu dans l'intérieur de l'église, on se trouve néanmoins devant un bel ensemble architectural. Ainsi, c'est vers 1641 que les élégantes colonnes de style toscan qui soutiennent la nef ont remplacé les colonnes carrées d'origine. A noter que cet important ouvrage a été réalisé en sous-oeuvre, les murs supérieurs de la grande nef restant suspendus pendant les travaux! C'est moins d'un siècle plus tard que l'ancien plafond plat roman a été abandonné au profit de la voûte actuelle (sous l'abbatiat du baron de Wanzoulle).

Le chœur fut transformé en 1725, comme en témoignent d'ailleurs deux millésimes: l'un, gravé dans la pierre, apparaît à l'extérieur du chevet et est visible de la cour intérieure des cloîtres, l'autre est inscrit dans un médaillon de la voûte du chœur.

Le trésor de la Collégiale

Le trésor de la Collégiale comprend de nombreuses pièces de grande valeur: statues des XVIIe et XVIIIe siècles, reliquaires, bas-reliefs, lutrin en cuivre et pierres tombales rappelant qu'Amay fut le siège d'une avouerie.

Quatre toiles monumentales (3X4m.) (La Fuite en Egypte, Le Christ et La Samaritaine, Le Baptême du Christ et La Transfiguration) se trouvent dans le chœur de la Collégiale. Elles datent des années 1725-1729 puisque c'est en tenant compte de l'architecture de ce nouvel édifice qu'elles ont été composées: ainsi l'insertion des portes des sacristies au milieu de deux tableaux obligea les artistes à décentrer leur sujet, soit de part et d'autres des portes, soit en haut de la toile. Elles sont l'œuvre d'Englebert Fisen pour les personnages et de Jean-Baptiste Juppin pour les paysages. Une autre toile, plus petite, se trouve au-dessus de l'autel latéral nord. Ce tableau, La Charité de Saint-Ode, est également l'œuvre de Fisen à qui elle fut commandée en 1681 par René François de Sluse, abbé d'Amay.

Le sarcophage de sancta Chrodoara

Au centre du chœur, par une large ouverture vitrée dans le dallage, on peut admirer, là où il fut découvert en 1977, le sarcophage de sancta Chrodoara, véritable chef d'œuvre de l'art mérovingien. Gravé dans de la pierre calcaire des environs de Saint-Dizier, le couvercle est travaillé sur quatre faces, la cinquième étant lisse. La partie supérieure montre un personnage féminin vêtu d'une longue robe et portant un bâton à la main droite. Le dessin en est remarquable et la gravure toute de finesse. Plat et flanc du couvercle sont embellis d'entrelacs et de motifs végétaux.

Le sarcophage de sancta Chrodoara présente un caractère tout à fait exceptionnel. Il est à peu près unique dans son genre, car les sarcophages à figure humaine sont très rares à cette périodes, surtout lorsqu'ils mettent en valeur, comme à Amay, d'incontestables qualités artistiques

Une paroi du couvercle porte une inscription expliquant que Chrodoara, personnage noble, enrichit de ses propres biens des sanctuaires. Resté à l'endroit où il fut découvert, il était pratiquement vide, les reliques de la sainte ayant été transférées dans la châsse.

La châsse de Sainte-Ode

Le trésor de la Collégiale comprend également la châsse de Saint-Georges et de Sainte-Ode, datant de 1240-1250 ; elle abrite les reliques de sainte Ode et d'autres personnages illustres. Ses pignons sont occupés par des représentations de saint Georges et de sainte Ode, tandis que les douze apôtres sont alignés le long de ses cotés. La toiture est ornée de six bas-reliefs d'argent qui racontent la vie des deux saints. Sur l'un de ces bas-reliefs, on observe, sur la panetière d'un pèlerin, trois coquilles: cette scène serait la toute première représentation dans nos régions d'un pèlerin de Saint-Jacques.

Emplacement

Adresse:
Place Sainte Ode, 2
Amay
Téléphone: 
085 31 44 48 - 085 31 61 00

E-Mail:
office.tourisme@amay.be