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La fin du XIXe siècle de la modernisation à la crise

Moulin de DreyeEn Hesbaye quelques industries apparaîtront comme l'extraction de la marne utilisée pour l'amendement des terres. Mais c'est surtout le secteur de l'agro-alimentaire qui se développera avec l'apparition de meuneries à vapeur, de brasseries, de siroperies ainsi que des sucreries et des râperies. La culture de la betterave se développe vers 1840. Donceel accueille la deuxième sucrerie de Hesbaye en 1854. La sucrerie de Hollogne fut fondée en 1865, celle de Remicourt en 1870 et celle d'Oreye en 1889 à l'initiative des frères Cartuyvels. En 1870, toujours, on construit 2 pipelines qui partent de Crisnée et de Perwez vers la sucrerie de Wanze. Sur son parcours les râperies de Viemme et de Warnant notamment, y déversent le jus à l'état brut.

Parallèlement à cette mutation industrielle. Les transports et donc les voies de communication se développèrent. La Meuse, voie naturelle depuis l'antiquité, subit des réaménagements - passes navigables puis barrages à aiguilles - pendant tout le XIXe siècle pour permettre aux bateaux de fort tonnage de relier les grands centres industriels et urbains. Dans la vallée mais aussi sur le plateau hesbignon, le chemin de fer joua un rôle important. A partir de 1884 de nouveaux tronçons comme celui de Huy-Waremme ou Oreye-Waremme sont organisés par la Société des Chemins de fer vicinaux et touchent des villages jusque-là isolés. Ils favoriseront également l'économie en desservant les sucreries de betteraves. Quant aux chemins jadis peu praticables et boueux, ils sont pris en main par l'Etat qui à partir de 1840 développe un réseau routier avec des routes secondaires dont la route Huy-Waremme.

De 1880 à 1895, l'agriculture subit une crise grave à la suite de l'arrivée massive de blés américains. Cette crise va être fatale pour beaucoup de petits agriculteurs qui sont obligés d’arrêter leurs activités. Beaucoup de ces petits agriculteurs et d’anciens ouvriers agricoles émigreront vers la vallée pour y travailler dans les usines. A ce moment la chute de la petite propriété n'arrêtera plus son mouvement pour ne laisser de nos jours en activité que les plus grosses fermes. Dans certaines communes proche du sillon industriel, ce sont les femmes qui s'occuperont de la petite exploitation pendant que les maris feront leur journée d’ouvrier ou participeront à des campagnes de fabrication de briques qui les mèneront parfois loin à l'étranger.