Menu
0
  • FR
  • NL
  • EN
  • DE
   

La motte des broucks à Omal

Plan de la motte de OmalLa motte castrale d'Omal se situe au lieu-dit « les broucks » près d'un chemin délimitant la prairie dans laquelle elle est située, dénommé la « bassevoye », non loin du « faux geer ». Les « broucks » est un toponyme désignant un territoire composé de prés humides et marécageux, ce qui est toujours le cas des terrains actuels autour de la motte, surtout, du côté de la source du faux Geer. Des fouilles effectuées par la Société d'archéologie de Waremme et environs vers 1965 a permis la mise à jour d'un matériel archéologique assez important, composé d’éléments matériels aussi bien médiévaux que plus ancien. La céramique recueillie ne semble cependant pas aller au-delà de la seconde moitié du XIIe siècle. Le matériel plus récent date du XIVe siècle.

A 100 m de la butte sur une élévation de terrain, on a encore découvert des tessons du Moyen Âge qui pourraient attester d'une ancienne basse cours et de la présence à proximité d’autres infrastructures médiévales (habitations, ateliers, bâtiments agricoles). Dans le matériel archéologique recueilli, on signalera surtout des boucles de ceinture, des lames de couteaux et de poignards, une pointe de flèche ou de carreau d’arbalète, d'un fer à cheval et d'un éperon qui font tout de suite penser à un homme d'armes, donc pour cette période à un chevalier.

Cette motte est également entourée d’un fossé d'un seul côté et différents canaux de drainage font peut être partie de l'aménagement de l'environnement défensif de la motte, mais ils devraient d'abord être étudiés et datés. Les marais ont sans doute aussi joué un rôle dissuasif pour l'attaque de ce petit site défensif.

Sur la motte elle-même, plusieurs tranchées ont permis de découvrir des foyers ainsi qu'un puits circulaire mais aucune trace de construction n'a été véritablement mise à jour si ce n'est des débris de torchis et des traces de clayonnage.

L'histoire du village d'Omal au Moyen Âge est mal connue. Le village faisait partie de l'ancien comté de Moha puis a appartenu à la mense épiscopale liégeoise. Une petite seigneurie se serait formée dans le village et aurait relevé de la cour féodale du Brabant. Elle aurait eu ses propres seigneurs, les d'Omal qui avaient pris le nom du village et qui y restèrent jusqu'au XVe siècle. Pas loin de la motte au centre du village, l'ancien château d'Omal aurait remplacé un ancien manoir, siège de cette seigneurie dont les droits, pour un érudit local, se limitaient à des droits de police. Y a-t-il une filiation entre cette famille et les résidents de la motte ? Les d'Omal viendraient-ils d'une famille plus ancienne qui érigea en son temps une fortification à la limite du comté de Moha, ou bien un autre lignage de nobiles ou de milites a-t-il existé et disparu en même temps que l'abandon de la motte. Ces réponses ne peuvent s'obtenir que par une étude approfondie de l'habitat castral du village et de ses occupants.