Menu
0
  • FR
  • NL
  • EN
  • DE
   

Texte de Daniel Berlamont - NATAGORA

Que ça grouille !!! Vouloir en quelques lignes faire le tour de la question est une gageure. Commençons par le commencement. Pour bien comprendre tout ce qui a vie sur terre mérite que l’on procède par ordre. Avez-vous entendu citer le nom de Linné ? Ce brave Suédois (1707-1778) a l'immense mérite d'avoir mis un peu d'ordre dans cet embrouillamini de plantes, d’animaux, de champignons et de moisissures.

Un peu comme un grand maréchal ordonnant ses troupes pour la revue, Carl von Linné a conçu un système basé sur les règnes (animal, végétal et champignons), les classes, les sous-classes, les ordres, les familles et finalement les espèces. Et encore, je vous fais grâce de quelques niveaux intermédiaires !

GuêpeAutrement dit, les insectes se répartissent en deux sous-classes, les aptérygotes (insectes primitifs sans ailes) et les ptérygotes qui – vous l'avez compris – sont normalement ailés... sauf ceux qui les ont perdues au fil des temps. Et oui, l'évolution ça existe !

Contentons-nous d'explorer ce second « corps d'armée ». Les ptérygotes font monter en ligne les régiments suivants : ce sont les ordres des éphéméroptères, des odonates (libellules), des plécoptères (perles), des grylloblattides, des orthoptères (grillons et sauterelles), des phasmides (phasmes et mantes), des dermaptères (forficules ou perce-oreilles), desembioptères, des dictyoptères (blattes), des isoptères (termites), des zoraptères, des psocoptères, des mallophages, des anoploures (puces), des hémiptères, des thysanoptères, des mécoptères, des lépidoptères (tous les papillons), des tricoptères, des diptères (mouches), des siphonaptères, des hyménoptères (abeilles, guêpes et fourmis), des coléoptères (dont les coccinelles), des strepsiptères. Ouf !!! Pour les espèces, je préfère que vous voyiez vous-même1.

Vous avez remarqué qu'il y a beaucoup de « quelque chose-ptères ». « Ptère » vient du grec et signifie « aile ». On reconnaît les insectes à leur corps comprenant la tête, le thorax, l'abdomen et 3 paires de pattes et chez un certain nombre à une ou deux paires d'ailes. Sont donc exclues – et sans appel – les araignées, les misérables tricheuses à 8 pattes !

Mais la Hesbaye dans tout ça ?! Les insectes de chez nous, près de chez nous et pourquoi pas chez nous.

Je vous propose de voir d'abord ce que mentionnent nos emballages d'insecticides. Mais vous n'utilisez jamais d'insecticides ?! Excusez-moi et permettez-moi de vous féliciter alors ! Et comme vous le savez, on peut lutter contre certains insectes en accueillant d'autres insectes.

SyrphesAinsi, les coccinelles et surtout leurs larves comme les perce-oreilles se nourrissent de pucerons. Les larves de chrysopes font de même. Autres championnes de la lutte biologique, les abeilles solitaires et les syrphes (« fausses guêpes ») sont aussi à accueillir au jardin.

Comme vous le voyez, sans aller très loin, il est possible de nourrir sa curiosité en matière d'insectes².

Parmi les insectes, les papillons constituent un sujet d'attraction par excellence. Leur vol gracieux nous fait oublier qu’arrivés à l'âge adulte, leur existence est souvent éphémère. Toutefois, certains comme la belle-dame trouvent la force de migrations sur de longues distances. La belle-dame quitte le Maghreb ou l'extrême sud de l'Espagne pour nous arriver en mai. 2009 a été l'année d'un arrivage massif.

Le statut des papillons, tant diurnes que nocturnes, a été étudié depuis près d’un siècle et la situation actuelle est pour nombre d'espèces fort préoccupantes³.

Assez disserté, vous n’avez plus la patience de lire ces lignes, vous voulez voir le press-book de ces braves bêtes. Dans ce cas rien de tel que le site internet de quelqu'un de chez nous, un passionné qui en connaît un rayon, Philippe Moniotte, auteur de www.entomopix.eu ou encore une petite visite à l'exposition Hexapoda à la Maison de Hesbaye (Waremme).

Petite tortue ou vanesse de l'ortie - papillonLa petite tortue ou vanesse de l'ortie - papillon se pose principalement sur la grande ortie. Les motifs ternes du dessous de ses ailes la camouflent durant son hibernation tandis que les couleurs vives effraient le prédateur. Dans le sud de l'Europe, ce papillon produit deux  ou trois générations par an. Lors de leur hibernation, les petites tortues se cachent dans les anfractuosités d'arbres morts, dans les rochers ou encore dans les maisons, les greniers. La petite tortue est en fort déclin, surtout en Europe de l'Ouest (elle a disparu de presque toute son aire de répartition dans les années 2000), alors qu'elle était autrefois parmi les papillons les plus communs. Il est probable que ce déclin soit dû au réchauffement climatique.

CoccinelleLa coccinelle asiatique - coléoptère. C'est une espèce invasive, malheureusement bien implantée en Hesbaye. Originaire de Chine, elle a été introduite massivement en Europe et aux Etats-Unis vers la fin des années 1980 pour la lutte biologique (contre les pucerons). Sa prolificité et sa voracité en ont fait perdre le contrôle et elle est à présent considérée comme nuisible pour de nombreuses espèces autochtones. Elle se nourrit de pucerons, de psylles et de cochenilles.

Le machaon - papillon, de forme légèrement triangulaire, il possède une « queue » et est reconnaissable à ses grands vols planés. On retrouve sa chenille principalement sur le fenouil, la carotte et l'aneth. Il se rencontre en Europe (bien qu'il se raréfie en Europe centrale), en Amérique du Nord, en Afrique du Nord, au Japon et dans les régions tempérées de l'Asie.

Agrion jouvencelle ou libellule-demoiselleL'agrion jouvencelle (libellule-demoiselle) est une espèce de demoiselles que l'on retrouve près des mares, lacs et ruisseaux dans la plupart de l'Europe. Le mâle adulte a une couleur bleue tandis que la femelle adulte est verdâtre. La femelle dépose ses oeufs dans les plantes aquatiques.

La guêpe - insecte. Il existe environ 9000 espèces de guêpes à travers le monde. Seule la femelle est pourvue d'un aiguillon venimeux et sa piqûre peut être dangereuse en cas d’allergie. L'aiguillon de la guêpe n'est pas équipé de harpon, elle peut donc piquer à répétition sans perdre la vie (contrairement à l'abeille). Elle est un insecte utile ; elle détruit – entre autres – une quantité considérable de chenilles, mouches, moustiques, larves... L'utilisation de pesticide est parfois excessive par rapport à la menace présentée ; il conviendrait de tolérer la présence de faibles populations et d'appliquer des mesures préventives pour éviter que la situation ne devienne intolérable.

Paon du jourLe Paon du jour - papillon, qui mesure 5 ou 6 centimètres d'une aile à l'autre, est facilement identifiable grâce à ses ocelles (œil faux-yeux) de couleur vive sur fond vermeil. Ces couleurs rappellent celles des plumes de paon, d'où son nom. Le papillon expose ses ocelles lorsqu'il est troublé par un prédateur (par exemple un oiseau). Les ocelles évoquent aussi un regard de chat, ce qui peut surprendre, voire décourager, le prédateur et laisser le temps au papillon de prendre la fuite. Une fois fermées, ses ailes de couleur brune lui permettent de se fondre dans le paysage ; on ne le distingue pas difficilement des feuilles mortes. Le Paon du jour pond ses oeufs (jusqu'à 500) principalement au revers des orties. Les chenilles se nourrissent de celles-ci.

La libellule déprimée - libellule. Son nom fait référence à son abdomen plat et large. Il est bleu clair chez le mâle et brun-jaune chez la femelle, dans le cas de libellules déprimées matures. Les yeux sont gris. Pour les immatures, leurs corps sont jaunes et leurs yeux sont verts. La femelle pond dans une mare des oeufs qui écloront trois semaines plus tard. Les petites larves resteront deux années dans leur lieu de naissance.

VulcainLe vulcain - papillon. Son envergure est d'environ 6 cm et on le retrouve dans l'hémisphère nord tempéré (Europe, Asie, Amérique du Nord, Amérique centrale, Afrique). L'ortie dioïque (ou grande ortie ou ortie commune) est la plante hôte de ses larves. Celles-ci prennent aussi comme plantes hôtes la petite ortie et la pariétaire. Le vulcain, facilement reconnaissable, se nourrit principalement du nectar des fleurs (surtout de celles de la famille des composées) : orties, marguerites, artichauts, buddleias (arbres aux papillons). C'est le papillon qui a été le plus fréquemment représenté dans les natures mortes flamandes du XVIIe siècle.

Vrache sangLe crache sang - coléoptère. Il se rencontre partout en Europe mais il semble qu'il soit en régression dans son aire naturelle de répartition. Sa particularité est que, en cas de dérangement, il fait le mort et émet par la bouche et les articulations un liquide rouge-orangé, de l'hémolymphe. Ce liquide aurait un très mauvais goût pour ses prédateurs. Il se déplace plutôt de nuit, dans les zones enherbées de lisières et des clairières forestières. Il ne peut pas voler. La fauche trop systématique de ses lieux d'habitat détruit ses larves et/ou ses nymphes. La pollution, les pesticides (surtout les insecticides) et le recul de sa plante nourricière, le gaillet, pourraient être responsables de la régression de son espèce. Le morcellement de son habitat et biotopes par des routes, canaux, fossés, ... peuvent aussi contribuer à son recul, voire localement à sa disparition.

FourmisLes fourmis - hyménoptères. Environ 20 espèces de fourmis peuplent la Hesbaye. Ces insectes remarquables, qui forment des colonies parfois complexes – les fourmilières -, sont parvenus à s’adapter à presque tous les milieux terrestres et souterrains (les grottes). La plupart des oeufs, pondus par les reines, deviennent des femelles aptères et stériles : des ouvrières. Elles vivent entre trois semaines et un an. Les mâles ne savent pas s’alimenter seuls et meurent dès qu'ils se sont reproduits. Quant aux reines, elles peuvent vivre plusieurs années (le record de longévité est détenu par une fourmi noire des jardins qui a vécu 28 ans et 8 mois en laboratoire). Les fourmis communiquent entre elles grâce aux phéromones.

1 Notamment les ouvrages de Michaël CHINEY dont Insectes de France et d'Europe occidentale, éd. Flammarion, 2005. Mais aussi Paul-André ROBERT, Les insectes, éd. Delachaux et Niestlé, 2001. Un autre guide : Wolgang DIERL et Werner RING, Guide des insectes, description de l'habitat et des moeurs, éd. Delachaux et Niestlé, 2009.

2 Pour en savoir plus, je vous recommande de consulter le site www.natagora.be/agissez vous aussi/dans votre jardin, où vous trouverez une foule d'informations intéressantes. Vous y trouverez aussi quelles plantes peuvent attirer abeilles et papillons au jardin, au verger, dans le pré,...

3 Pour la Wallonie, voir le remarquable travail publié sous la coordination de Violaine FICHEFET, Papillons de jour en Wallonie (1985-2007), Gembloux, 2008. Chaque espèce fait l'objet d’une description détaillée avec carte de distribution.