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La MeuseQuand la Meuse entre en Belgique, elle a déjà effectué un peu plus de la moitié de son parcours, qui totalise 890 kilomètres dont 183 dans notre pays. A son entrée dans la province de Namur, elle coule à une altitude de 98 mètres. Elle se jette dans la mer du Nord, à proximité de la ville de Rotterdam, après avoir rejoint le Rhin et formé avec lui un vaste delta.

La Meuse, avant les travaux de modernisation, devient navigable à partir de Verdun et, surtout, de Sedan. Le fleuve offre les mêmes possibilités de navigation sur tout son cours jusqu'à Venlo ou Ruremonde, où la navigation devient maritime.

Le bassin hydrographique couvre une superficie de 31.181 km² dont 13.489 km² en Belgique. Il est alimenté par des pluies abondantes. La forme trapue et arrondie du bassin mosan est incontestablement responsable de la soudaineté et de la rapidité de la propagation de crues catastrophiques en aval de Charleville-Mézières. La crue de 1925-1926 a été la plus violente.

Presque toutes les crues extraordinaires ont eu lieu à la suite de fortes débâcles suivies de grandes pluies accompagnées d'un vent du sud-ouest ou de longues périodes de précipitations sur tout le bassin. Les grands affluents de la Meuse ont également pris part à ces débordements.

La physionomie de la Meuse présente une unité dans nos régions. C'est en Wallonie que se jettent ses principaux affluents. Ils sont nombreux entre Givet et la frontière hollandaise : le Viroin, la Lesse, le Bocq, la Molignée la Sambre à Namur, la Mehaigne et le Hoyoux à Huy, l'Ourthe et la Vesdre à Liège ainsi qu'une multitude de petits ruisseaux comme le ruisseau de Bende ou le Roua d'Amay qui rejoignent le fleuve après un très bref trajet.

Péniche sur la MeuseLa Meuse traverse tout d'abord le massif hercynien de la Fagne et de la Famenne, régions déprimées, faites de terroirs aux sols argileux et peu fertiles. Elle passe ensuite dans le Condroz et, plus à l'ouest, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, deux régions présentant les mêmes caractéristiques géographiques et, notamment, un relief fait de larges dépressions (tiennes) séparées par des croupes surbaissées (tiges).

La vallée vue des hauteurs d'Amay (Richemont). De l'autre côté du fleuve, on peut observer le paysage boisé de l'Ardenne condrusienne, le village d'Ombret et le site du Thier d'Olne.

Au nord du parcours, avant le confluent avec la Sambre, la Meuse traverse une bande de 4 à 5 kilomètres à caractère ardennais, dénommée d'ailleurs Ardenne condrusienne à l'est et la Marlagne à l'ouest. Ce sont des plateaux boisés découpés en de nombreuses vallées, dont les ruisseaux dévalent vers les grandes rivières. Le sous-sol est fait de schistes et de grès. Les larges clairières se partagent aussi entre herbages et champs cultivés.

Au nord du sillon Sambre-et-Meuse, la Hesbaye touche au fleuve. C'est une région fertile et limoneuse. Ses terres à blés ont fait aussi l'objet d'une exploitation intensive et de transports par la voie d'eau.

Mais l'importance de la Meuse résulte aussi de sa proximité avec les centres industriels wallons. Le fleuve offre en effet à ces régions du sud du pays une voie naturelle tout à fait unique pour le transport.

Le profil du fleuve présente une succession de mouilles et de seuils, de bassins aux eaux profondes et de bancs de graviers. Certains seuils sont relativement profonds mais d'autres ne présentent pas plus de 0,50 à 0,60 centimètres d'eau, et à l’étiage. Ces conditions rendaient la navigation difficile pendant les périodes de sécheresse.

L'encaissement de la vallée, l'escarpement de ses versants, la multitude de rochers qui parfois se développent jusqu'aux rives mêmes de la Meuse, sont autant de facteurs qui provoquent des sortes de goulots naturels et qui réduisent la largeur du lit.

Par ailleurs, les obstructions dues aux travaux de l'homme - ravinements, routes et levées de toute nature - sont venus modifier ce lit primitif de la rivière et ne facilitent pas non plus l'écoulement des eaux en cas de surabondance de celles-ci.

La MeuseLes rivières creusent verticalement puis latéralement. Elles s'encaissent peu à peu dans les terrains sur lesquels elles s'écoulent. Quand la pente est plus faible, elles commencent à divaguer et elles développent des méandres. La présence de cailloux fluviatiles sur les versants de la Meuse témoigne de cet encaissement progressif de la vallée. Ces galets ont été mis en place au quaternaire, c'est-à-dire il y a plus ou moins deux millions d'années. Sur les versants, plusieurs études ont révélé la présence de différentes terrasses correspondant à des étages progressifs du fleuve. Les restes de ces terrasses peuvent être regroupés et constituent les stades correspondant à des arrêts de l'encaissement de la vallée. L'encaissement a donc été saccadé et non continu.

L'histoire géologique de la région explique la présence de certaines ressources minérales dans le voisinage de la Meuse. En fait, les formations géologiques s’étendent sur plusieurs centaines de millions d’années. Par le fleuve qui en est fortement dépendant, elles impriment aux régions qu'il traverse, leur allure générale. Ainsi, vers la fin de l'ère primaire, des plissements hercyniens contribuent à l'édification d'un massif montagneux. S'ensuit alors une érosion intense qui se poursuit durant le secondaire et le tertiaire.

Le modelé du quaternaire permet plusieurs stades de creusement et de comblement des vallées, ainsi que l'étalement des terrasses fluviatiles et l'aménagement des plaines alluviales actuelles.

Les pierres régionales apparaissent au cours de ces cycles lithologiques. Cette description géologique sommaire de la vallée de la Meuse permet de mieux comprendre les nombreuses coupes offertes à l'œil du visiteur. Les curiosités géologiques sont multiples de part et d'autre du fleuve et permettent aussi d'expliquer une partie de l'histoire géologique de la région. De plus, les régions traversées sont des régions de carrière, et la pierre est une ressource importante.

Ce sont les calcaires - roches solubles, attaquées par les eaux de pluies et ainsi sujettes aux écroulements - qui en France donnent à certaines parties de la vallée l'aspect abrupt avec des falaises.

La Meuse constitue l'un des grands axes commerciaux, économiques, culturels et militaires de l'Europe du Nord depuis son origine. L'artisanat, puis l'industrie et le commerce, se développent dès la fin de l'Antiquité. Le réseau routier romain rejoint le fleuve à hauteur d'Amay. Il est sans doute à la base du développement de cette bourgade, d'abord près du vicus d'Ombret et de son pont.