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Au Moyen Âge, la richesse c'est la terre. Qui la détient est sûr d’occuper une place importante dans la hiérarchie sociale. De plus, elle occupe la plupart des gens. Une grande partie de la propriété est ecclésiastique. Abbayes bénédictines comme Saint-Jacques et Saint-Laurent, chapitres liégeois, hutois et amaytois détiennent seigneuries, fermes et domaines, dîmes et autres droits fonciers. Les bois sont également aux mains de religieux ; l'abbaye de Flône, le chapitre Saint-Lambert mais aussi l'évêque de Liège en sont les principaux détenteurs. D'autres abbayes viendront se joindre à ces ordres ecclésiastiques plus anciens. Les abbayes cisterciennes du Val Notre-Dame, du Val-Benoît, du Val Saint-Lambert ou de la Paix-Dieu ainsi que le monastère de l'ordre des prémontrés à Floreffe rassemblent des terres qu'elles cultivent à partir de leur grange mais également des abbayes beaucoup plus éloignées, comme celles d'Aulne et d'Orval, ont des fermes et des biens dans la région.
Quant aux chapitres des villes de Liège et de Huy comme Saint-Lambert, Saint-Denis, Saint-Paul, ..., Notre-Dame de Huy, ils auront une véritable politique de conquête des terres aux environs de Waremme en se constituant d'énormes domaines, en acquérant dîmes et patronats d'église. La région est le véritable grenier à blé de ces institutions qui d’ailleurs en période de crise, après avoir entreposés leurs denrées dans des greniers, pouvaient parfois mener une politique d'aide à la population des villes en distribuant des vivres... Leurs fermes seront encore, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, l'exploitation agricole la plus importante dans beaucoup de villages.

Saint Georges terrassant le dragon sur la châsse de sainte OdeLes seigneuries laïques parsèment aussi notre région. Les de Haneffe, de Faimes, de Limont, de Jeneffe, de Fize ou de Cerf joueront un rôle important dans notre région, mais mal connu. On sait qu'une grosse exploitation est accolée à leur château ou à leur donjon, mais ces seigneurs sont plus aptes à porter les armes et à courir l'aventure qu'à gérer leur domaine. Parfois, on les retrouve derrière l'étendard de l'avoué de Hesbaye à guerroyer pour le prince-évêque de Liège contre le comte de Namur ou le duc de Brabant. A d'autres moments, ils se battent entre eux en se regroupant dans deux clans. La guerre des Awans et des Waroux sera la plus sanglante de ces luttes fratricides qui se déroulera sur le sol hesbignon, notamment dans la campagne entre Vieux-Waleffe, Tourinne et Les Waleffes.
Elle se terminera dans la campagne de Dommartin par un combat fratricide qui sonnera le glas de la chevalerie hesbignonne.