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La place d’Amay se trouvait à l’actuelle place des cloîtres, en raison des inondations dues à la proximité de la Meuse. Les maisons canoniales datent en général du milieu du XVIIIe siècle, sauf la maison Gossuart.
Quand le chapitre est fondé, ce sont des chanoines réguliers. Ils ont alors dortoir et réfectoire communs. Lorsqu’ils deviennent séculiers, ils ont droit à avoir chacun leur maison. Il y avait à cette époque 9 chanoines, donc 9 maisons.
Pour la collégiale, l’entrée des chanoines s’effectuait jusqu’en 1772, date des transformations, par le nord. Depuis 1772, elle se fait de chaque coté du massif de façade.
Une des maisons claustrales est maintenant englobée dans le Prieuré. C'est une construction du dernier tiers du XVIIIe s, de trois niveaux, avec bel étage précédé d'une terrasse. Elle est surtout remarquable par l'élégance du porche qui donne sur la cour, élevé au XVIIIe s, en brique et calcaire, et surmonté d'un fronton remarquable exemple d'architecture liégeoise. La propriété possède encore, à la terrasse supérieure des jardins un pavillon de plan carré dont chaque face est surmontée d'un petit fronton.
Sous l'ancien Régime, le chanoine Colson puis le comte de Lévignen l'occupèrent.
Au n° 3 de cette même rue Pascal Dubois se dresse légèrement surélevée, l'une des plus belles maisons claustrales d'Amay. Bâtie vers le milieu du XVIIIe figure au fronton, elle fut occupée par le chanoine Vivario. Précédée d'un jardin auquel donne accès un joli portail s, probablement par le chanoine Duquet dont le monogramme sculpté, elle a beaucoup d'allure avec ses deux niveaux et ses cinq travées, et son fronton central à rinceaux rocaille et monogramme DC. Le badigeon rouge qui la recouvre, quoique récent, rappelle la tradition liégeoise des XVIIe et XVIIIe s.
Face à l'entrée latérale nord de la collégiale fut élevée, sur un plan en L, une vaste maison (Les Variétés), sur deux niveaux et demi de sept et trois travées. Elle date des années 1731-1732, mais les baies rectangulaires pourraient être des aménagements de la fin du 18e s, remplaçant des baies étroites à traverse, comme celle encore visible au pignon.
La maison natale de Gaston Grégoire (maison Ghaye) est elle aussi édifiée sur plan en L, et précédée d'une petite cour accessible par un portail monumental, de style rocaille aujourd'hui privé de son couronnement. Les baies rectangulaires, assez petites, semblent se placer encore dans la tradition du XVIIe s, mais la construction de l'immeuble est néanmoins à situer au milieu du XVIIIe s. En 1747, le chanoine occupant cette maison racheta une partie des vignes et des jardins en terrasse du chanoine Gossuart. Elle était occupée au XIXe s par la famille Grégoire.
La maison du chanoine Gossuart, au n° 30 de la même rue, éclipse cependant toutes ses soeurs, tant par la qualité de son décor intérieur que par le faste de son aspect extérieur. La maison comprend deux logis accolé en L ; contre la rue, la maison date du premier tiers du XVIIIe s et fut occupée par le chanoine Ferdinand Gossuart, mort en 1733. Son neveu Godefroid, le fastueux chanoine auquel nous devons l'ensemble actuel, ajouta au logis initial en 1740 un haut corps de bâtiment de style rocaille et le portail monumental de la cour, orné de son monogramme et daté, au revers, de 1741.
Amay dépend de Saint-Lambert, et observe donc les statuts des églises secondaires de Liège. En vertu du vœu de pauvreté, les chanoines devaient mener une vie modeste, leurs maisons devaient comporter au maximum 2 pièces en haut, 2 en bas.
Les logements des domestiques devaient êtres séparés. Il y avait un contrôle par an, pendant cette journée, les chanoines allaient habiter chez les domestiques et vice versa, c’est le pourquoi de la structure en L de chaque maison.
Amay était un site que les chanoines aimaient. C’était un site de prestige, les chanoines y acquéraient une importance qui ne se serait pas remarquée dans une grande ville.
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