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Les fermes de Chapon-Seraing

Ferme des carmes déchaussés
, Verlaine (Chapon-Seraing)

Ferme du prince-évêque

Grange du XVIIIe siècle. Le prince-évêque était seigneur du village et y exploitait 61 bonniers.


Dès le XIIIe siècle, la localité est une seigneurie appartenant au prince-évêque de Liège. Possession directe de la Mense épiscopale, elle est administrée par la chambre des comptes qui y établit une Cour de Justice composée d’un mayeur, d’un greffier et d’échevins issus du village. Le prince-évêque y possède à titre personnel, une ferme de près de 53 hectares. Mise en location, les censiers suivants se sont succédé dans le courant du XVIIIe siècle : Paul Dechesne, Jean Plesseria, Paul Lambotte, Jean François Larock et Jean Louis Stasse dernier censier locataire avant la révolution. En 1798, la ferme et ses terres sont saisies et vendues à Nicolas Vanderheyden à Hauzeur.

En 1840, le bien est ensuite divisé et vendu à différents propriétaires. Une partie des bâtiments a été démolie et ravagée par un incendie. Ne subsistent plus à l’heure actuelle que la grange du XVIIIe siècle, des étables transformées en habitation et le corps de logis (XVIe-XVIIe siècle) qui abrite également la Cour de justice dont le perron est surmonté des armoiries de la famille du prince-évêque de Groesbeek (XVIe siècle).

Ferme de Hemricourt

Bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècle. Ferme en quadrilatère avec tour-porche et logis de l’époque des « Lumières ». Érigée à l’emplacement de l’habitation du maire Hellin de Stréa.


Ferme de Hemricourt Erigée à l’emplacement de l’habitation de Hellin de Stréa, maire de Chapon-Seraing, la ferme est mentionnée dès 1565. Elle passe aux mains de la famille Hemricourt au XVIIe siècle. Les membres de cette famille de nobles exercent différentes charges à la Cour de justice. En 1767, Anne-Catherine de Hemricourt lègue par testament la cense et ses terres à sa cousine, Catherine-Ernestine Nihoul et à son époux Michel Stasse.

En 1819, les arrières petits enfants de Michel Stasse la cèdent à Isidore Tilman. Exploitée par la famille Tilman jusqu’en 1972, cette ancienne ferme en quadrilatère est réaffectée en logement d’habitation. Le portail est surmonté d’une tour-colombier dont la clé porte le millésime 1767. Il est fait de briques sur soubassements de moellons de calcaire mélangés de grès.

De part et d’autre du portail s’étendent d’anciennes ailes d’étables sous fenil. La partie à droite du portail a été aménagée en logis au milieu du XIXe siècle ; l’autre aile au début des années nonante. A gauche du logis initial, dans la cour, se trouvent d’anciennes écuries (fin XVIIe siècle sur un noyau plus ancien). Le logis date de la première moitié du XVIIIe siècle et a été réaménagé vers 1770. Il est équipé d’un perron à quatre degrés et d’un dégorgeoir et d’une ouverture de tir.

A droite du logis initial se trouve une longue grange du XVIIIe siècle reconstruite vers 1766 à deux portes charretières identiques. La grange est prolongée à droite par des étables remaniées au XIXe siècle et au XXe siècles.

Un remarquable puits en cul-de-four est encastré dans la grange. Son mécanisme est conservé et son linteau de bois est surmonté d’une croix en pierre bleue chaulée. Ce symbole religieux protège un élément précieux : l’eau.

Ferme de Vivario

Quadrilatère des XVIIe et XVIIIe siècles. Logis daté de 1635. Propriété des de Fumal puis du chanoine d’Amay Vivario.


Cette ancienne cense de la famille de Fumal au XVIe siècle est la première exploitation agricole du village. Elle devient la propriété du Chevalier de Vivario, chanoine d’Amay, vers 1720. Chargé de la gestion de la ferme dans le village dés 1736, le chevalier de Vivario transmet charge, ferme et terres à ses héritiers les de Diffuy en 1760. En 1792, la famille de Bemy de Liège reçoit la ferme par testament du chanoine de Diffuy.

En 1800, la ferme revient aux Fréron et en partie à Marguerite-Pétronille Fréron, épouse de Sébastien Joseph Defossé, maire de Chapon-Seraing. En 1819, les époux Defossé-Fréron en obtiennent la pleine propriété.

En 1850, Nicolas Stasse achète la ferme aux enfants Defossé fréron. En 1920, elle revient par testament à Alfred Marchandise-Stasse, bourgmestre de Chapon-Seraing jusqu’en 1940. Sa descendance exploite actuellement le bien.

Cette importante exploitation (comptant déjà 8 feux au recensement de 1748) rassemble en quadrilatère des bâtiments en brique et calcaire autour d’une cour pavée à fermière centrale.

A droite du portail protégé par des chasse-roues (XVIIIe siècle), se trouve l’aile du logis et les écuries sous fenil sur soubassements de grès (première moitié du XVIIe siècle). Dans le prolongement du portail à gauche, se trouve un bâtiment remanié à deux reprises. Face aux logis, grange à ouvertures avant et arrière identiques (XVIIIe siècle).

Le logis, flanqué d’un perron sur caves hautes porte le millésime « AN 1635 » par ancrage à l’étage. Cette façade alliant briques et bandeaux de calcaire avec certaines de ses ouvertures encore à traverses et croisées est un témoin de l’architecture régionale. A l’intérieur du logis, à l’étage, s’élève une cheminée gothique (première moitié du XVIIe siècle – à deux écus muets). Le reste de la ferme a été transformé après la guerre 1940-1945.

Ferme Lambotte

XVIIe-XVIIIe. Ruines de l’ancienne grange. Ferme transmise à plusieurs familles importantes du village depuis le XVIIe siècle.


Ancienne ferme de la famille de Brabant au XVIIe siècle, elle est exploitée pendant près de deux siècles par la famille Lambotte (début XVIIIe siècle-1903). Les Lambotte marquent profondément la vie du village ; en atteste, le nom de cette rue. Cinq des fils de Joseph-François jouent un rôle dans l’histoire du village :

Paul-Joseph (né en 1748) est échevin à la cour de justice.
Joseph-François (1755-1819) est également échevin à la cour de justice.
Noël (1753-1812) est conseiller municipal sous la période française.
Lambert (1750-1801) est prêtre à chapon. Réfractaire en 1797, il est condamné à la déportation ;
Et enfin, Pierre-Joseph (1763-1846) également prêtre à Chapon, réfractaire et condamné lui aussi ; il achève son sacerdoce, comme vicaire à Fize-Fontaine.

La ferme est vendue en 1903 par Catherine-Victoire Docteur Lambotte à la famille Hautecler qui la vendra en 1957 à la famille Eyckmans qui l’exploite toujours,

Ferme Keppenne

Ancienne ferme XVIIIe siècle. Réaménagée en 1726 (date dans la charpente).


Ferme Keppenne Ancienne ferme de la famille de Namurco au XVIIe siècle, elle appartient au capitaine Gramme au début du XVIIIe siècle puis à son fils, Jean Nicolas, chirurgien de la cour de justice du village. En 1785, la ferme est cédée à la famille Keppenne à Liège.

Vendue en 1869 à la famille Stasse-Lambotte, elle revient en 1911 à la famille Philippe. Ses bâtiments se dégradent progressivement. Elle est achetée et restaurée en 1984 par la famille Thiry.
 
De la ferme primitive subsiste encore le mur d’une grange en briques sur moellons de grès à ressaut chanfreiné (XVIIe siècle). Le logis sur caves hautes, en briques sur soubassement en moellons de grès et calcaire, présente des ouvertures remaniées excepté celle à linteau en mitre sur la gauche.

Ferme des carmes déchaussés

Ensemble des XVIIIe et XIXe siècles. Ferme élevée au XVIIIe siècle par les carmes de Visé.


Elevée au début du XVIIIe siècle, vraisemblablement à l’emplacement d’un bâtiment plus ancien, par les Carmes déchaussés de Visé, cette ferme est louée à la famille Docteur tout au long des XVIIIe siècle et XIXe siècle. Vendue comme Bien National en 1798, elle est acquise par la famille Frankinet de Liège. Achetée par la famille Lange au début du XXe siècle, elle est vendue à Xavier Monsée en 1931.Ferme des carmes déchaussés

Cette ferme en quadrilatère est disposée autour d’une cour à trottoirs pavés et à fumière décentrée.
La première assise du portail est saillante et forme chasse-roues (début XVIIIe siècle). A gauche du portail, ailes d’écuries sous fenil (XVIIIe siècle). L’ensemble se caractérise par des murs en briques sur soubassements de moellons de grès ponctué de grés. Il est garni d’une potale. Le logis présente, quant à lui, des soubassements cimentés au XIXe siècle. Le perron est à deux volées de marches convergentes.

Face aux écuries, une vaste grange élevée en deux étapes est datée de 1761 par ancrage de briques brûlées sur le pignon.

A droite de la grange, plusieurs étables sous fenil ont été élevées dans la première moitié du XVIIIe siècle. A gauche de la grange se trouvent des soues (étables pour cochons) sous fenil de la première moitié du XVIIIe siècle. Plusieurs membres de la famille Docteur dirigent Chapon-Seraing dès la seconde moitié du XVIIIe siècle et ce jusqu’en 1896. Louis, mayeur et bailli de la cour de justice dès 1772, Guillaume, son fils conseiller municipal sous la période française, son fils Guillaume bourgmestre de 1840 à 1870 et son fils Guillaume, bourgmestre de 1890 à 1896.

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