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La meunerie était le complément indispensable de l'agriculture. Les prescriptions des cisterciens d'ailleurs exigeaient pour vivre de manière autonome que leurs communautés aient chacune leur moulin pour transformer les céréales récoltées dans leur domaine. Au Moyen Âge, les seigneurs, par la banalité, détournaient une partie des revenus paysans en exigeant qu'ils fassent moudre leurs récoltes au moulin. La vallée de Bende entre Jehay et Ampsin accueillait le moulin du chapitre d'Amay, de l'abbaye de la Paix-Dieu, le moulin seigneurial de Villers ainsi que celui de Fize sur un de ses affluents.
Au XIXe siècle, alors que la mode est à la machine à vapeur comme énergie, la vallée utilise toujours l'énergie hydraulique et perfectionne ses roues motrices. On observe le même archaïsme technique à Warnant et à Dreye sur les ruisseaux du Narméa et du Toultia. Deux moulins fonctionnent d'ailleurs toujours sur ces ruisseaux. Celui de Dreye a été rénové et on peut voir, de la petite route en contrehaut du moulin, son système d’adduction d'eau avec le bief de dérivation, l'étang de retenue, la digue et la vanne ainsi que la roue métallique du XIXe siècle.
Sur le Geer et sur l'Yerne s'établirent aussi de nombreux moulins à Haneffe, Donceel, Oreye, Oleye ou Hollogne-sur-Geer. Ce dernier, un des plus anciens est sûrement le plus intéressant car récemment transformé par son propriétaire. Situé sur le ruisseau du Geer et composé de deux couples de meules activées alternativement par un tournant à baquets de 14 à 19 pieds de diamètre, ce moulin était mis en mouvement au moyen d’un réservoir qui retenait les eaux jusqu'à ce qu’elles soient suffisantes pour l’activer pendant quelques heures. Le bâtiment est construit en pierres et briques et couvert en ardoises, selon un document du XVIIe siècle. La roue du XIXe siècle et son moulin à farine n’étaient plus utilisés depuis 1948 pour la mouture de la farine. C’est après avoir consulté différents organismes publics, documents administratifs et textes de lois (Atlas des cours d’eau, Service Technique Provincial, Commune,...) que la remise en route de la roue, l’exploitation du bassin amont et de la chute d’eau a pu se faire. La nouvelle roue métallique a été construite à l'identique de l'ancienne. Ce moulin est aujourd'hui consacré à la production d'électricité verte. Des moulins à vents fonctionnaient aussi en Hesbaye, jusque sur les hauteurs d'Amay. Un exemplaire existe toujours dans la campagne entre Donceel et Limont mais a besoin d'une sérieuse restauration. D'autres moulins à vent ayant abandonné leurs ailes subsistent à Pousset et Corswarem.
En Hesbaye, au XIXe siècle des industries du secteur agro-alimentaire complètent cette infrastructure : des minoteries, comme à Ombret, mais aussi des entreprises liées à la culture de la betterave comme des sucreries et des râperies. Donceel accueille la deuxième sucrerie de Hesbaye en 1854. La sucrerie de Hollogne fut fondée en 1865, celle de Remicourt en 1870 et celle d’Oreye en 1889 à l’initiative des frères Cartuyvels. En 1865, la Société d’Agriculture Industrielle possédait aussi une petite sucrerie. En 1870, les dirigeants de cette société imaginèrent d’établir un système de sucrerie centrale alimentée par plusieurs râperies. En 1870, on construisit 2 pipelines qui partaient de Crisnée et de Perwez vers les sucreries de Waremme et de Wanze, créée à la suite d’une scission au sein de cette société. Sur son parcours les râperies, de Bergilers, de Lens-Saint-Rémy, de Viemme et de Warnant notamment, y déversent le jus à l’état brut. A Warnant, il ne reste plus qu’un puits de l’ancienne râperie qui fonctionna de 1872 à 1925. Quant aux siroperies, d'abord fabrication artisanales, elles se concentrèrent également dans quelques usines. Momalle conserve encore le complexe intact de la siroperie Prosman. Moulins à vent et à eau furent bientôt aussi remplacé progressivement par des minoteries.
Mais la Hesbaye ne va pas se limiter aux industries agricoles. La construction mécanique développée par la maison Mélotte fondée en 1852, s'occupera d’abord de la construction de charrues, de herses, de semoirs de batteuses. Mais en 1872, elle va se spécialiser dans la fabrication d'une écrémeuse révolutionnaire à force centrifuge équipée d'un bol suspendu. Cette fabrication fera la renommée de cette entreprise qui aujourd'hui encore produit du matériel de traite. A Waremme, ce sont les ateliers Moes créés en 1907 qui commercialisèrent un brevet de moteur à 4 temps à essence. Après la seconde guerre mondiale, l'entreprise se tournera vers des moteurs convenant aux bateaux et aux locomotives.
Donceel accueillit également une sucrerie. Chaque village avait également une ou plusieurs brasserie(s) et siroperie(s). Les bâtiments du café du « Vieux Haneffe » furent d’abord ceux d’une brasserie puis d'une siroperie avant d’être transformés en auberge.
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