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Patrimoine
Un territoire, véritable photographie du patrimoine wallon

Abbaye de la Paix-Dieu

Centre des métiers du patrimoine
Rue Paix-Dieu 1b
4540, Amay (Jehay)

32 85 41 03 50
info@paixdieu.be
www.paixdieu.be
PAIX-DIEU
DU REVE CISTRECIEN AU PATRIMOINE VIVANT


La fondation de l’Abbaye de la Paix-Dieu s’inscrit dans le mouvement mystique féminin qui marqua le diocèse de Liège au début du 13e siècle. Initialement installée dans le village hesbignon d’Oleye, l’abbaye est transférée, en 1244, dans un site de vallée, à la confluence de plusieurs ruisseaux, au lieu-dit Grognart, à Bodegnée. Immédiatement, l’abbaye de la Paix-Dieu constitue un domaine agricole pour vivre selon l’idéal d’autarcie des Cisterciens. Après la crise de la fin du 13e siècle qui affecte son économie, la Paix-Dieu réorganise son domaine et se mue peu à peu en seigneur foncier. Ce capitalisme de la terre lui permet de faire construire des bâtiments monastiques et la ferme qui annonce celle que nous lui connaissons aujourd’hui (1730-1767).

Un lieu de vie
Vue aérienne de la Paix-Dieu L’unité que l’on perçoit à la Paix-Dieu est due à l’utilisation des matériaux et techniques traditionnels. Les bâtiments de style « Renaissance mosane » datent des 17e et 18e siècles. Si la ferme est encore en bon état, les bâtiments conventuels ont subi d’importantes dégradations après leur vente comme « bien national » en 1797 et après la dispersion des religieuses. L’église, actuellement dépouillée de tout mobilier, donnait accès à un cloître en carré. L’aile orientale du cloître dit Quartier des Dames abritait les lieux de vie des moniales. L’aile sud, parallèle à l’Abbatiale, était celle des converses. L’aile occidentale, quant à elle, disparut au 17e siècle pour faire place à l’Aile de l’Abbesse, au Quartier des Hôtes et à la Cour d’Honneur. Le cloître et les galeries de la Cour d’Honneur (visibles encore sur la gravure de Remacle Leloup) furent démantelés au 19e siècle, pour récupérer les matériaux. Le Quartier des Hôtes accueillait les visiteurs et les résidents de l’abbaye non soumis à la clôture. Au 19e siècle également, le Quartier des Hôtes et l’Aile de l’Abbesse furent transformés en étables et en distillerie-sucrerie.
Les dépendances étaient constituées d’un moulin et d’une maison pour les Pater et Noster au nord, d’une brasserie et d’un colombier au sud et de la ferme à l’ouest. En outre, Saumery, dans ses « Délices du païs de Liège » (1736-1740), décrit la fontaine miraculeuse de Saint-Gérard, objet de dévotion et de pèlerinages.

Le temps des moniales
La communauté religieuse était composée d’une abbesse, chargée de l’administration spirituelle et temporelle du monastère, de dames professes qui servaient les offices, de soeurs converses, préposées aux travaux ménagers dans l’enceinte de l’abbaye, d’écolières et de tablières, femmes réalisant une retraite spirituelle.
Les moniales n’étaient le plus souvent que vingt à vingt-cinq et vivaient dans le cloître.
L’abbesse disposait de son aile, située entre l’église abbatiale et le Quartier des Hôtes réservé, lui, aux invités de passage.
La Paix-Dieu abritait en outre deux religieux provenant de l’Abbaye d’Aulne, le Pater et le Noster, chargés l’un de célébrer les offices et l’autre de recueillir les confessions des moniales, du personnel domestique travaillant au sein de l’abbaye, occasionnellement des hôtes de passage et, à certaines périodes, des artisans intervenant sur les bâtiments : charpentiers, couvreurs, tisserands, brasseurs, tonneliers...

Les fouilles archéologiquesFouilles du cloître
Les premières fouilles archéologiques ont débuté en mars 1997. Les archéologues ont pu observer que la partie nord avait été occupée par des structures industrielles du 19e siècle (sucrerie et distillerie).
Sur la première terrasse au nord de l’église, la Maison du Pater a été mise au jour. Au sud de l’Abbatiale datant de 1718, plusieurs cloîtres successifs ont été découverts. Le dernier a été construit sous le règne d’Agnès de Corbion en 1600 et a été démonté pierre par pierre après la vente de l’abbaye comme bien national en 1797.
Les fondations de l’ancienne brasserie, telle qu’elle apparaît sur la gravure de Remacle Leloup (1738), accolée au colombier et s’appuyant sur l’ancien mur de clôture méridional, ont également été mises au jour. Cette brasserie est restée en place jusqu’à la fin du 19e siècle. Combinée à l’étude des vestiges en sous-sol, l’analyse du bâti a révélé certains aspects de la vie des cisterciennes.
L’étude préalable de l’Aile de l’Abbesse a permis de retrouver le vestige architectural de la Paix-Dieu le plus ancien qui soit conservé en élévation. Ce « noyau médiéval » est situé entre l’Abbatiale (1718) et l’Aile de l’Abbesse (1642). Il s’agit de l’amorce occidentale de l’église abbatiale du 14e siècle dont le choeur a été localisé sous le niveau du choeur actuel. Cet espace a été réaffecté de différentes manières au cours des siècles, suivant les différentes fonctions des bâtiments qui viennent s’appuyer contre lui.
L’été 2006, les fouilles sous le niveau des anciennes galeries de la Cour d’Honneur qui longeaient les Quartiers des Hôtes et de l’Abbesse et fermaient le couvent à l’ouest ont livré d’intéressantes structures bien conservées liées à l’ancien logis de l’Abbesse. Des recherches archéologiques réalisées en 2008 sous la Cour d'Honneur ont permis de mettre au jour l'ensemble de ces structures ainsi que l'implantation de la fontaine du 18e siècle. Une partie du réseau hydraulique souterrain de la Paix-Dieu (évacuation des eaux usées, amenée d’eau potable, récupération des eaux pluviales, drainage) a également été repérée et explorée.

Vue  axonométriqueLa reconversion de la Paix-Dieu
Sur proposition du Ministre du Patrimoine, Robert Collignon, le Gouvernement wallon décide, en 1995, de créer à la Paix-Dieu un "Centre de perfectionnement aux métiers du Patrimoine". Dès 1997, la Région acquiert par bail emphytéotique la propriété des anciens bâtiments conventuels du site de la Paix-Dieu, non compris donc la ferme et l’infirmerie. Une vaste campagne de restauration est alors programmée sur une quinzaine d’années. Entamée par la Division du Patrimoine de la Région, elle se poursuit sous l’égide de l’Institut du Patrimoine wallon qui gère le Centre de la Paix-Dieu depuis sa création effective en 1999.

Le quartier des hôtes
Choisi pour accueillir les activités du Centre de perfectionnement (administration, ateliers, salles de cours, salle de conférence, cafétéria, locaux techniques et de service), le Quartier des Hôtes a été entièrement restauré, entre 1997 et 2001, sous la maîtrise d’oeuvre des bureaux d’architecture Henri Garcia et Yves Jacques. Les interventions extérieures ont tenu compte aussi bien du classement de l’enveloppe que des conclusions des études préalables. La restauration, la réinterprétation et les apports contemporains ont guidé la mission. Les ardoises naturelles, les pierres, les badigeons, les menuiseries peintes, … ont fait renaître une certaine image passée et les interventions contemporaines se sont voulues parfaitement lisibles. La galerie courant le long des façades est et sud, faite de verre et d’acier, reprend la trace et le rythme de la construction initiale telle qu’elle apparaît sur la gravure de Remacle Leloup. Les volumes intérieurs non classés ont été, selon les découvertes et l’intérêt qu’ils présentaient, traités suivant différentes approches complémentaires. Les fonctions se sont souvent glissées dans les volumes existants. Elles ont parfois pris le dessus pour faire naître notamment un hall monumental, le pôle d’accueil du centre. Il permet d’appréhender la mesure du volume intérieur, de découvrir la charpente de toiture et de constituer tout à la fois un espace de circulation générale et une succession de plateaux d’expositions.
Grâce à une équipe pluridisciplinaire, le premier outil du centre a pu se construire. La restitution historique et les actes contemporains se sont complétés pour développer de nouvelles fonctions et ce, de manière efficace et progressiste tout en se glissant dans un bâti historique. La mission a intégré la notion de restauration critique, dans un juste équilibre entre la conservation, la restauration et la réaffectation.Nouveaux ateliers et le colombier

Les nouveaux ateliers
C’est à l’emplacement de l’ancienne brasserie que s’élève, depuis 2004, le bâtiment des nouveaux ateliers pour l’organisation des stages de perfectionnement liés notamment au travail du métal, à la charpenterie ou à la taille de pierre. Par l’installation d’éléments verticaux perforés à la limite du site, le projet, conçu par l’architecte Alain Dirix, recrée l’esprit de l’enceinte telle qu’elle existait. La volumétrie en aluminium tend vers le prisme, sans décrochements entre toiture et murs. Deux hauts espaces de 10 m sur 13 m sont complétés, à l’est et à l’ouest de locaux de services avec à l’étage deux classes. Des portes piétonnes et de grandes portes de 450 cm de hauteur, se pliant en deux parties pour former auvent de travail, complètent l’enveloppe du volume. L’éclairage naturel est assuré par une suite de lanterneaux trapézoïdaux de verre translucide, affleurant la tôle de couverture et ponctuant le faîte du toit. Le bâtiment nouveau s’intègre parmi les autres, par sa volumétrie et par sa couleur. Il est sans opposition brutale le reflet de son temps et de sa fonction. Création plutôt que mimétisme, esprit d’invention plutôt que banalité.

L’Aile de l’Abbesse, nouveau centre d’hébergement
Intérieur de l'Aile de l'Abbesse L’Aile de l’Abbesse a été reconstruite au 17e siècle sur un noyau médiéval. De ce noyau subsiste une petite pièce, à la jonction avec l’église abbatiale. Egalement dues à Alain Dirix, les options de restauration et de réaffectation ont tenu compte des contraintes essentielles du site ainsi que de l’ensemble des qualités architecturales du bâtiment apparaissant à la lecture archéologique. Les ouvertures de l’aile sont beaucoup plus nombreuses au nord qu’au sud. Le programme d’hébergement permet de tirer parti de ce constat. Le reconditionnement de l’aile s’est fait non seulement en fonction des nouveaux besoins mais aussi dans le respect de la division interne que pouvait avoir le bâtiment aux 17e et 18e siècles.
Le rez-de-chaussée offre une série de pièces en enfilade qui accueillent les fonctions de restauration et de détente : une cuisine et un self-service jouxtant une salle à manger, un grand salon et un plus petit salon installé dans le noyau ancien de l’abbaye.
Au premier étage, les chambres destinées aux adolescents participant aux classes d’éveil se développent, au nord, suivant le rythme des baies à croisée existantes. Chaque chambre, personnalisée par une couleur vive différente, donne sur le couloir au sud, coursive au mur rouge côté façade. Chaque chambre s’accompagne d’un confort sanitaire complet : wc, lavabos et douche.
Plus volontiers destiné aux formateurs, aux stagiaires voire aux chercheurs résidents, le niveau sous toiture se présente de la même façon : coursive au sud, chambres au nord, équipées de bureau avec une mezzanine pour le sommeil. Une cabine avec l’équipement sanitaire (wc séparé, lavabo et douche) complète le programme de la chambre. Le nombre total de lits d’hébergement est de 58.
L’étude de l’Aile de l’Abbesse a permis de fixer les bases d’une restauration équilibrée, alliant les apports contemporains sensibles aux contraintes patrimoniales du lieu.
La galerie extérieure couverte, le long de l’Aile de l’Abbesse, est réalisée en prolongation de celle du Quartier des Hôtes. Le troisième côté de la galerie assure « un cadre » à la nouvelle cour d’honneur. Entre les piliers carrés situés en bordure de l’ancien cloître, côté est, des câbles métalliques vont former un cadre végétal vertical assurant à cet espace unité et force. L’Aile de l’Abbesse est ouverte à l’hébergement depuis janvier 2007. Le restaurant La Table de l’Abbaye permet de nourrir non seulement les résidents et les stagiaires mais aussi tout qui le souhaite.

L’avenir
Début 2006, par voie de concours, les auteurs de projet de la restauration du moulin à eau et de l’église abbatiale ont été désignés.

Moulin L'Abbatiale


Futur moulin de la Paix-DieuLe moulin
Le bureau d’architecture Atelier 774 (association momentanée Delphine Peters, Andrea Tenuta et Bertrand Evrats) mènera la restauration du moulin. Ce dernier occupe une position stratégique à l’entrée du site. Le regard du visiteur est directement interpellé par le volume sobre de ce petit bâtiment.
Le bureau de la Maison du Tourisme Hesbaye et Meuse sera installé au rez-de-chaussée. Les bureaux du Secrétariat des Journées du Patrimoine et de la cellule Publications de l'IPW occuperont les étages. Tout en intégrant de nouvelles fonctions, le projet conservera la perception des deux fonctions différentes dans le moulin d’origine : la fonction industrielle de moulin et la fonction d’habitation du meunier.

Projet pour l'AbbatialeL’abbatiale
L’architecte Alain Dirix dirigera la restauration et la réaffectation de l’Abbatiale qui accueillera, dans l’ancien choeur, à l’est, une salle de séminaires de 280 places, et dans le reste de l’église, un conservatoire des savoir-faire et du patrimoine associant une matériauthèque et une photothèque à un centre d’information et de documentation. La restauration de l’Abbatiale et sa réaffectation sont évidemment intimement liées : une restauration « à l’identique » là où toutes les informations le permettent et une intervention contemporaine, dans le respect de la charte de Venise, là où toute restitution est hypothétique.

Le colombier
Jouxtant les nouveaux ateliers, l’ancien colombier est en cours de restauration suivant les plans d’Annick Piron et de Pascal Lemlyn. Les investigations des fondations et de la stabilité du cylindre de maçonnerie, la pose des échafaudages qui permettent ces investigations mais aussi certains travaux de maintenance et, au-delà, la conception, le tracé, la construction et la restitution à l’identique du clocheton du colombier font l’objet de chantiers école. Support pédagogique pour les stagiaires, l’ancien colombier deviendra, une fois restauré, un espace pédagogique présentant quelques savoir-faire contemporains.

Restauration et valorisation des abords du site de l’ancienne abbaye
D’ici 2009, le site de la Paix-Dieu s’enrichira, du côté des terrasses nord réaménagées (restitution des jardins, plantations, aménagement de terrasses, remise en valeur de l’eau sur le site), d’une conciergerie, maison unifamiliale construite en acier corten, à l’emplacement de l’ancienne Maison du Pater. La cour d’honneur sera également reconstituée.

Artisans Les missions
Chaque année, le Centre de la Paix-Dieu dispense près d’une quarantaine de stages de perfectionnement à destination des professionnels du secteur de la construction et du Patrimoine et accueille en « classes d’éveil aux métiers du Patrimoine » des élèves de l’enseignement secondaire du premier degré d’observation. Grâce à son centre d’information et de documentation, la Paix-Dieu remplit également une mission fondamentale d’information et d’assistance technique, non seulement en mettant à disposition des professionnels, comme des maîtres d’ouvrage, une bibliothèque spécialisée dans les techniques traditionnelles et les savoir-faire, mais également en menant une réflexion de fonds sur la situation des PME et des artisans spécialisés dans les marchés publics de restauration des monuments.

La salle du Forum Rennequin Sualem accueille régulièrement des colloques et autres séminaires organisés par le Centre lui-même ou par des extérieurs. La possibilité de restauration et d’hébergement sur place permet désormais d’intensifier ce type d’organisation.

Chronologie de la Paix-Dieu
Vers 1244 : l’abbaye de la Paix-Dieu s’installe à Jehay après avoir été fondée vers 1240 à Oleye
Vers 1600 : reconstruction de l’église et du cloître détruits par un incendie
1641-1642 : construction du Quartier des Hôtes et de l’Aile de l’Abbesse selon les dates fournies par les millésimes inscrits sur la façade
1648 : construction du colombier
1666 : construction du moulin actuel
1682 : construction du porche secondaire
1718 : restauration et construction de l’église actuelle
1719-1725 : construction de l’infirmerie
1730-1767 : campagne de construction des bâtiments de la ferme
1797 : vente de l’abbaye comme bien national qui devient une exploitation agricole
avant 1830 : démolition du cloître et du bas-côté sud
avant 1854 : démolition de la brasserie et installation d’une distillerie-sucrerie dans le bâtiment abbatial
1933 : destruction partielle de l’église à la suite d’un incendie
1974 : classement des bâtiments comme monument et des abords comme site
1985 : destruction partielle des toitures de l’Aile de l’Abbesse et de l’église à la suite d’une tempête
1995 : décision de créer le Centre de perfectionnement aux métiers du Patrimoine
1997 : début des fouilles et du chantier de restauration du Quartier des Hôtes
1999 : création du Centre sous l’égide de l’Institut du Patrimoine wallon
2001 : fin des travaux de restauration du Quartier des Hôtes
2004 : inauguration des nouveaux ateliers
2007 : inauguration de l’Aile de l’Abbesse restaurée

Crédits photographiques :
Vue aérienne - Aerial Media
Le moulin - Atelier 774
L'abbatiale - Architecture Alain Dirix
Aile de l'Abbesse - MRW Division du Patrimoine (M. Gennart)
Autres photos - Institut du Patrimoine wallon

Partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite Parking Parking pour autocar Restaurant Salle de conférence Centre de documentation Etang

Horaire

Vous pouvez accéder au quartier des Hôtes et y découvrir le produit des fouilles du mardi au dimanche de 10 à 16h. Entrée gratuite.
Site partiellement accessible aux personnes à mobilité reduite.
Vaste parking. Place pour personnes à mobilité réduite.
Pour toute visite guidée, contactez la Maison du Tourisme.
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